


Dès l'ouverture de la station, en 1832, le secteur Centre est occupé par les soldats britanniques chargés de son bon fonctionnement. Ceux-ci quitteront définitivement la Grosse-Île en 1857. Ils seront remplacés par des civils qui habiteront le secteur avec leurs familles. Plusieurs de ces familles travailleront à la Grosse-Île pendant plusieurs générations. Par exemple, cinq générations de Masson se sont succédé à la Grosse-Île.
Le village de Saint-Luc-de-la-Grosse-Île ne possède pas les structures administratives d'une municipalité, mais il est assujetti à des règles précises émanant du gouvernement fédéral, qui en est le propriétaire. Tous les employés sont sous la responsabilité du surintendant médical, qui détient une autorité absolue sur l'île. À partir des années 1870, on voit certaines familles habiter la Grosse-Île toute l'année.
L'imposante maison du surintendant trône à l'entrée du village et indique l'importance de son propriétaire. Un bureau de poste, une buanderie ainsi qu'une boulangerie sont des lieux de rencontre pour les habitants. La chapelle catholique est le point central du village, mais aussi de la communauté. En effet, les fêtes et les célébrations religieuses agrémentent le quotidien insulaire du village. Un fort esprit de partage et de camaraderie se développe au sein des familles, particulièrement au cours de l'hiver, et de nombreux mariages sont célébrés entre les jeunes du village.
Plusieurs bâtiments témoignent encore aujourd'hui de cette occupation paroissiale : chapelles anglicane et catholique, cuisines d'été, maisons de
médecins, station de télégraphie, école, etc. Plusieurs centaines de personnes ont vécu dans le village de Saint-Luc-de-la-Grosse-Île.